Quand Emma a poussé la porte de l’appartement, elle s’est dit direct : mauvaise idée.

Une odeur de café froid.
Un vélo dans le salon.
Et une playlist bizarre qui tournait en boucle.

“Salut, moi c’est Lucas”, lance un gars en chaussettes dépareillées.
“Yasmine”, ajoute une voix depuis la cuisine, sans lever les yeux.

Emma sourit. Poliment. Mais dans sa tête, c’est déjà foutu.

Elle venait de quitter une coloc parfaite.
Et là… elle sent que ça va être long.

Les premiers jours sont… neutres.

Chacun vit sa vie.
Chacun mange à des heures différentes.
Silences. Portes fermées. AirPods.

Une coloc “fonctionnelle”.
Mais sans âme.

Puis un soir, coup de courant

Plus de wifi.
Plus de lumière.

Juste trois personnes dans le noir.

“Bon… quelqu’un a des bougies ?”
“J’ai mieux. Une bouteille de vin.”

Ils s’installent par terre, dans le salon.
Le vélo sert de dossier. Les téléphones deviennent lampes.

Et là… ça parle.

Vraiment.

Lucas raconte qu’il bosse sur un projet qu’il n’ose montrer à personne.
Yasmine parle de son départ de chez ses parents, un peu trop rapide.
Emma avoue qu’elle flippe de recommencer à zéro.

Silence.

Puis un fou rire.
Puis un deuxième verre.

Le courant revient

Mais personne ne rallume.

À partir de là, tout change.

Les repas deviennent communs.
Les “tu veux un truc ?” deviennent des habitudes.
Les silences deviennent confortables.

Ils ne sont pas devenus meilleurs amis du jour au lendemain.
Mais ils ont trouvé un rythme.

Un équilibre.

Un matin, Emma laisse un mot sur la table :

“Merci pour l’électricité.”

Lucas répond :

“Merci pour la panne.”

Parce qu’au fond, une coloc, c’est rarement parfait au début.

Mais parfois, il suffit d’un détail.
Un moment.
Une soirée imprévue.

Et ça devient… chez toi.

coloky

Rédacteur pour le blog Coloky — la colocation belge réinventée.